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A TRAVERS LA FRANCE

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Vitrolles raconte qu'un jour Talleyrand lui
donna lecture des pages de ses llTé~raoires il
peignait l'arrivée de Ferdinand VII et de son frère
à Valençay « les détails de leur séjour, les traits
ridicules de leur ignorance de toutes choses, fruits
d'une éducation à la Philippe Il, étaient peints
avec une grâce et une finesse charmantes. » Il est
probable que Talleyrand avait des versions di-
verses de ses Mé~~toires qu'il choisissait selon ses
auditeurs; car Vitrolles, s'il les avait connus,
n'aurait jamais oublié ni l'épisode de la prière du
soir ni celui des trois paroissiens. D'ailleurs, tout
ce récit a être à plusieurs reprises corrigé et
remanié (i).

Le souci de montrer sous un jour favorable sa
conduite à l'égard de Ferdinand VII, souci bien
naturel chez le Talleyrand de la Restauration, l'a
vraiment entraîné un peu trop loin. Car plus il in-
siste sur son dévouement aux Bourbons, plus il
rend invraisemblable la conriance de l'Empereur.
« Les princes, affirme Talleyrand, n'avaient pas
été trois mois à Valençay que Napoléon croyait
déjà en voir sortir toutes les vengeances de l'Eu-
rope ». Et il vécut dans cet effroi, pendant cinq
ans, sans songer qu'il y avait en France des
prisons plus sûres et des geôliers moins atten-
dris I

(II Voici, par exemple. un trait que rapporte M. de Rémusat
dans l'appendice aux Mémoires de sa mère et que-l'on ne retrouve
plus dans les hlémoires de Talleyrand. Celui-ci, parait-il, racon-
tait que les princes espagnols « achetaient des jouets d'enfants
à tous les petits marchands des foires du voisinage et que,
lorsqu'un pauvre leur demandait l'aumône, ils lui donnaient
un pantin ».
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