VALENÇAY 51 échoué par l'intérêt seul des livres, il leur montre des images peine inutile. Les princes préfèrent « les exercices et les amusements qui font à la campagne le charme des soirées d'été. » A ces distractions se joignaient les « consola- tions de la religion. » Ici, je ne puis me retenir de citer ces lignes trop peu connues de Talleyrand « La journée Iinissait par une prière publique à laquelle je faisais assister tout ce qui venait dans le cbàteau, les officiers de la garde départemen- tale, et même quelques hommes de la gendarme- rie. Tout le monde sortait de ces réunions avec des dispositions douces les prisonniers et leurs gardes priant il genoux, les uns près des autres, le même Dieu, paraissaient se moins regarder comme ennemis; les gardes n'étaient plus aussi farouches, les prisonniers n'avaient plus autant d'alarmes, peut-être même quelques signes d'inté- re~t leur faisaient-ils concevoir un peu d'espérance. » Il paraît que Napoléon témoigna une grande ir- ritation de la manière dont les princes étaient traités à Valencay. « Les personnes qui l'entou- raient m'ont dit souvent qu'il ne parlait de Va- 1ençay qu'avec embarras, quand ses discours, ses questions portaient sur ce lieu ». Mais Talleyrand n'en continuait pas moins de braver la colère de l'Empereur et de prodiguer les marques d'intérêt et de respect aux prisonniers. Ceux-ci, dans leur reconnaissance, lui offrirent un jour les vieux livres de prière dont ils se servaient à l'église. Il les reçut « avec une émotion qu'il n'aura jamais la témérité ù' exprimer ». Réserve louable et déli- cieuse.