A TRAVERS LA FRANCE 50 ture de Philippe V. Cet air d'ancienneté, en rap- pelant leur grandeur, ajoutait encore à l'intérêt de leur position. Ils étaient les premiers Bour- bons que je revoyais après tant d'années de tem- pêtes et de désastres. Ce n'est pas eux qui éprou- vèrent de l'embarras; ce fut moi, et j'ai du plaisir à le dire » La phrase est exquise mais quel im- prudent que Napoléon, si tels étaient les vrais sentiments de Talleyrand en 1808! Il est alors pour ces Bour bons d'Espagne aussi prévenant qu'aurait pu l'être un homme d'Êtat doué de seconde vue et certain de retrouver, un jour, les Bourbons de France surle trône de l'u- surpateur. On a adjoint aux princes un colonel de gendarmerie. Talleyrand a vite fait d'expliquer à cet officier de police que « Napoléon ne règne ni dans les appartements ni dans le parc de Va- lençay ». Il entoure ses hôtes « de respect, ll' é- gards et de soins » « On ne les approchait j a- mais qu'en habit habillé; je n'ai moi-même ja- mais manqué à ce que j'avais prescrit à cet égQ.rd ». Il les laisse se promener en liberté dans le parc; il les invite à chasser; il leur fait donner des leçons d'équitation par Foucaut qui avait été élevé dans la grande écurie du roi et avait particulièrement servi Madame Élisabeth de France. Boucher met « tout son art et tout son coeur à leur faire de mauvais ragoûts espagnols ». La terrasse du château est transformée en salle de bal. Des guitares résonnent dans tous les coins du jardin. Ilcherche à leur faire passer quelques heures dans la bibliothèque point de succès. Ayant