VALENÇAY 49 4 ans auparavant, qu'il assigna comme résidence à Ferdinand VII, à don Carlos et à son oncle don Antonio. Que Talleyrand ait accepté de donner l'hospi- talité aux princes espagnols, cela ne saurait nous surprendre Napoléon locataire du château, payait un loyer considérable pour le logement de ses prisonniers et le prince de Bénévent n'était pas homme à négliger d'ajouter ce nouveau bénéfice aux 495.000 francs d'appointements qu'il touchait, chaque année, comme vice-grand électeur, grand chambellan, prince de Bénévent et grand cordon de la Légion d'honneur. Mais que Napoléon ait confié la garde de ces princes à un homme qui condamnait si vertement sa politique, qu'il ait mis ses ennemis entre les mains d'un ministre « disgracié » et qu'il ait maintenu, durant cinq années, cette situation qui eût parù périlleuse même à un souverain moins défiant que Napo- léon, voilà l'objection.. Talleyrand l'a sans doute aperçue Dans ses Ménaoires, il n'y il point répondu et pour cause. Il ne pouvait nier qu'il eût été bel et bien le geôlier des Bourbons d'Espagne, un bon geôlier respectueux et plein de pitié, s'il faut l'en croire, mais enfin un geôlier. Le moment où les princes arrivent à Valençay « a, dit-il, laissé dans mon âme une impression qui ne s'effacera point. Les princes étaient jeunes, et sur eux, autour d'eux, dans leurs vêtements, dans leurs voitures, dans leurs livrées, tout offrait l'image des siècles écoulés. Le carrosse dont je les vis descendre pouvait être pris pour une voi-