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A TRAVERS LA FRANCE

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S'il préférait Rochecotte à Valençay, c'était
peut-être que Valençay lui rappelait d'une façon
importune l'un des souvenirs les plus embarras,
sants de sa vie publique.

~Il voulait à toutes forces que son nom ne fût
'point associé à la pire des fautes de Napoléon,
la guerre d'Espagne. Il prétendait que, à cette
époque, il avait révélé à l'Empereur « les dangers
qui allaient naître en foule d'une agression non
moins injuste que téméraire », et il racontait que
telle avait été la cause de sa disgrâce. Beugnot et
madame de Rémusat confirment ses dires d'une
manière plus ou moins formelle. Lui-même, dans
ses Mémoirés, rapporte une scène terrible qu'il au-
rait eue avec Napoléon peu de temps après le guet-
apens de Bayonne. « Qu'un homme dans le
monde, aurait-il dit à l'Empereur, y fasse des
folies, qu'il ait des maîtresses, qu'il se conduise
mal avec sa femme, qu'il ait même des torts graves
envers ses amis, on le blàmera sans doute; mais,
s'il est riche, puissant et habile, il pourra rencon-
trer encore les indulgences de la société. Que cet
homme triche au jeu, il est immédiatement banni
de la bonne compagnie qui ne lui pardonnera ja-
mais. » L'Empereur aurait alors pâli, serait resté
embarrassé et, de ce jour-là, n'aurait plus parlé
à Talleyrand.

Tout cela est très beau, très courageux, Mais il
y a une obj ection, une terrible obj ection.
Lorsque Napoléon eut attiré à Bayonne toute
la famille royale d'Espagne, il expédia le roi
Charles IV, la reine et Godoy à Fontainebleau.
Mais ce fut Valençay, acheté par Talleyrand trois
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