A TRAVERS LA FRANCE 44 Valençay est une admirable résidence. A la vé- rité, Talleyrand lui préférait le château de Roche- cotte (entre Langeais et Saumur) qui appartenait à la duchesse de Dino. Mais, Valençay sera plus favorable si nous voulons évoquer la figure de Talleyrand. A Rochecotte, on s'est avisé d'élever une- chapelle à la place de la chambre qu'habita le grand homme. Chrétienne pensée, mais, tout de même, un peu paradoxale L'accès de Valençay est très imposant. Une large et droite avenue mène de la forêt au châ- teau. Séparé de la première grille par deux cours immenses que bordent les communs, les écuries et les orangeries, se dresse un merveilleux don- jon de la Renaissance, flanqué de deux tourelles pointues à droite et à gauche, s'étendent deux corps de logis inégaux une aile, en retour, date du dix-septième siècle. Il y a des disparates et des fautes de goût les toits du seizième siècle ont été percés d'affreuses petites mansardes les tours rondes à machicoulis qui s'élèvent aux extrémités de la construction sont coiffées de malencontreuses lanternes en ardoises. Mais l'ensemble conserve un aspect noble et vraiment princier. La cour in- térieure se termine par une belle terrasse qui domine les verdures du parc et les prairies du vallon où coule le Nahon. L'intérieur du château a été naguère dépouillé de ses meubles, de ses tapisseries et de ses ta- bleaux les plus précieux. On se rappelle les ventes qui eurent lieu naguère à Paris, cette réunion de peintures aux attributions douteuses, ce pèle-mêle de pièces rares et de vulgaire bric-à-brac, cette