A TRAVERS LA FRANCE 42 d' « unifier » nos vieilles églises, ont été de grands coupables. Les absidioles du chœur de Selles-sur-Cher sont revêtues, à l'extérieur, d'étranges bas-reliefs d'une sculpture que l'on dit carolingienne et qui fait penser, si vénérables que soient ses ori- gines, à l'art de la foire au Pain d'épice. Ces compositions barbares; qu'encadrent çà et là quelques jolis essais de décoration, semblent re- présenter des scènes tirées de l'Ecriture et de la vie de saint Eusice, patron de l'église. Là-dessus, il s'est élevé entre archéologues une admirable querelle. L'un soutient qu'il s'agit ici de saint Eusice, thaumaturge du sixième siècle qui fit en ces lieux des miracles notoires et, en particulier, arrêta les inondations du Cher. L'autre affirme que Eusice et Ysis sont synonymes, que l'église primitive était un temple païen dédié à Ysis, déesse des eaux et patronne des navigateurs, et que, si Grégoire de Tours a parlé de saint Eusice, c'est qu'il a confondu quelque moine ver- tueux avec la bonne déesse adorée jadis à Selles. Si, par hasard, ces controverses vous divertis- saient, vous pourrez trouver la discussion résu- mée avec quelque passion dans le copieux ou- vrage de M. Romieu. Selon le parti que vous prendrez, vous verrez dans certains bas-reliefs saint Eusice, en chemise, pénétrant dans un four pour en sortir sain et sauf, ou bien Josué revêtu de l'éphod et s'inclinant devant 1-'vrelie d'alliance. Dieu nous garde de sourire de l'archéologie et des archéologues