DE L'INDRE AU CHER 4t du passé. Tout de même, cinq cents pages sur Selles-en-Berry depuis l'homme tertiaire jusqu'à la Révolution de i 789, c'est lourd. Muni de l'ouvrage de M. Romieu, j'ai visité l'é- glise de Selles-sur-Cher. C'est un fort beau mo- nument. Quelques colonnes romaines ont dû ap- partenir à une première église mérovingienne. Le chœur, avec ses petites chapelles accolées, et le grand portail sont du pur roman d'Auvergne. La nef, qui s'est écroulée au quatorzième siècle, a été rebàtie en style ogival. La voûte n'a jamais été achevée. Cet éditÎce fut naguère restauré avec une louable discrétion par M. de Baudot, qui a respecté toutes les lacunes de la décoration et s'est gardé de refaire les chapiteaux et les orne- ments dégradés. Tel qu'il est, il donne une forte impression de grandeur et d'harmonie. Car, c'est un sortilège du temps ou bien un mirage de notre imagina- tion, le mélange de l'art roman et de l'art go- thique, ici, 'comme en tant d'autres églises de France, n'a rien qui choque notre œil ou notre goût. C'est seulement à la réflexion que nous saisissons les discordances des deux arts dis- semblables. Nous sommes blessés par les con- trastes d'une construction où se sont combi- nés le style de la Renaissance et le style de Louis XIV. Nous n'éprouvons jamais pareil ma- laise quand une nef romane nous mène à un chaeur gothique, ni même quand, ainsi qu'à Selles-sur-Cher, nous allons, à l'inverse, d'une nef gothique à un chœur roman. C'est pour- quoi les architectes modernes, qui ont rêvé