DE L'INDRE AU CHER 39 praticiens modernes, on comprend une fois de plus la vanité de ces sortes de restitutions. Comme il eût mieux valu recueillir ces débris de sculpture, les pieusement conserver, laisser à chacun de nous la fantaisie d'imaginer à son gré le tombeau des Bastarnay et ne point chercher à réparer, par une sottise, l'irréparable méfait des révolutionnaires Quand on v quitté Montrésor et que l'on se rap- proche de la vallée du Cher, le paysage se trans- forme brusquement. Le sol plus àpre, les coteaux moins harmonieux, la lumière moins douce, les arbres plus rares et moins majestueux, tout annonce qu'on vient d'abandonner l'accueillante Touraine. On ne le reverra plus, l'aimable tableau qu'on découvrait, à tous les détours de la route, sur les rives de la Vienne et de l'Indre les grands noyers du bord du chemin, le verger souriant et, à travers un rideau de peupliers, les tourelles pointues d'un chàteau du quinzième siècle. Les bords du Cher ont encore de jolies oasis. Mais ce n'est plus ici la nature parfumée. grasse et élégante qui fait de la terre tourangelle un séjour de joie nonchalante. Et, dès qu'on p~~nt·tre à Saint-Aignan-sur.Cher, quelle antithèse Les rues sont malpropres les façacles noires les auberges moroses les pavés mal commodes. Nous ne sommes pas encore dans le Berry, mais nous y touchons. Le chàteau de Saint-Aignan est une jolie cons-