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DE L'INDRE AU CHER

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praticiens modernes, on comprend une fois de
plus la vanité de ces sortes de restitutions.
Comme il eût mieux valu recueillir ces débris de
sculpture, les pieusement conserver, laisser à
chacun de nous la fantaisie d'imaginer à son gré
le tombeau des Bastarnay et ne point chercher à
réparer, par une sottise, l'irréparable méfait des
révolutionnaires

Quand on v quitté Montrésor et que l'on se rap-
proche de la vallée du Cher, le paysage se trans-
forme brusquement. Le sol plus àpre, les coteaux
moins harmonieux, la lumière moins douce, les
arbres plus rares et moins majestueux, tout
annonce qu'on vient d'abandonner l'accueillante
Touraine. On ne le reverra plus, l'aimable tableau
qu'on découvrait, à tous les détours de la route,
sur les rives de la Vienne et de l'Indre les
grands noyers du bord du chemin, le verger
souriant et, à travers un rideau de peupliers, les
tourelles pointues d'un chàteau du quinzième
siècle. Les bords du Cher ont encore de jolies
oasis. Mais ce n'est plus ici la nature parfumée.
grasse et élégante qui fait de la terre tourangelle
un séjour de joie nonchalante.

Et, dès qu'on p~~nt·tre à Saint-Aignan-sur.Cher,
quelle antithèse Les rues sont malpropres
les façacles noires les auberges moroses les
pavés mal commodes. Nous ne sommes pas encore
dans le Berry, mais nous y touchons.

Le chàteau de Saint-Aignan est une jolie cons-
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