DE L'INDRE AU CHER 37 saisissants dans un cabinet, rangée sous des vitrines, est ici conservée l'argenterie des rois de Pologne fourchettes et cuillers aux manches massifs et décorés de l'aigle de Pologne, vases ornés de médailles, pots à bière, plats d'or, coupes et' soupières, toute cette orfèvrerie, venue d'Italie et d'Allemagne, d'Allemagne surtout, forme un trésor d'une incroyable richesse mais il y a quelque chose de tristement paradoxal à retrou- ver derrière les murs (le Montrésor, ainsi qu'une épave, la soupière d'argent, merveille d'exé- cution et trop parfait exemplaire du goût viennois, que la ville de Vienne offrit à Sobieski, son libérateur. Ainsi l'antique chàteau des Bastarnay est maintenant paré de la mélancolie propre aux lieux d'exil. A côté du château se dresse la gracieuse col- légiale ciselée et fleurie qu'Imbert de Bastarnay, l'ami de Commynes et le vieux conseiller de Louis XI, éleva, durant les dernières années de sa vie, sous le règne de Francois 1er. Les sculp- tures qui décorent les portails latéraux et la façade sont parmi les plus fines et les plus gra- cieuses dont les artistes de la Renaissance aient orné les églises de la Touraine. Les rinceaux sentent l'imitation italienne mais les fleurs et les feuillages sont traités de prime-saut. Il y a déjà un peu de convention dans cer- taines arabesques; mais on reconnaît encore à la prodigieuse variété de l'ornementation les libres traditions du vieil art français. Tout autour de l'église court une frise d'une grâce et d'une fantaisie exquises où alternent des blasons et des