DE [.'INDRE AU CHER 35 A Montrésor, comme en tant d'autres châteaux de Touraine, on retrouve, à demi démolie, l'en- ceinte crénelée de la vieille forteresse féodale au milieu de laquelle, plus raffinés et plus épris d'é- légance, les hommes du quinzième siècle ont élevé leur domaine moins farouche, moins belliqueux. Ici, ce second chàteau ne subsiste pas tout entier; un de ses propriétaires, au commencement de ce siècle, l'a indignement mutilé et c'est grand dommage, car la partie demeurée debout est d'une rare élégance, avec sa tourelle en spirale et ses fenêtres à meneaux. Puis, le site de Montrésor a une gràce incomparable planté sur le coteau escarpé, le vieux logis des Bastarnay domine, parmi les grands arbres et les lierres vénérables, le délicieux village tout hlanc et la fraîche vallée de l'Indre, toute verte. A peine entré dans le chàteau, on éprouve une vive surprise. En cette maison de la Renaissance française, tout évoque la Pologne. Partout sont accrochées aux murs des toiles qui racontent l'his- toire du peuple polonais, ses gloires et ses désas- tres. Depuis un demi-siècle lVlontrésor appartient à M. le comte Branicki. Celui-ci a entassé dans son chàteau des portraits de famille, des ta- bleaux, des meubles. Parmi les plus précieux de ces souvenirs, se trouvent quatre bas-reliefs de bois où sont représentés les victoires, les triomphes et l'apothéose de Jean Itl Sobieski. Ces sculptures sont d'un artiste montpelliérain du dix-septième siècle, Pierre Vaneau la froideur des allégories y est réchauffée par une verve extraordinaire l'ensemble est à la fois solennel