DE L'INDRE AU CHER 31 Sorel, n'ait encore songé à écrire une biographie, une gentille biographie de la maitresse de Charles VII? Cela ne serait point déroger; le sous-préfet n'aurait point à redouter que son ministre lui reprochat de donner dans une vaine littérature; car voici comment le tombeau d'Agnès est venu dans cette sous-préfecture Agnès avait été enterrée dans le choeur de la collégiale de Saint-Ours. On lui éleva un beau monument et on lui lit cette belle épitaphe « Cy git noble damoiselle Agni,-s Seurelle, en son vivant dame de Beauté de Roquesseries, d'Issoudun et de Vernon-sur-Seine, piteuse envers toutes 1 gens et qui largement donnait de ses biens aux églises et aux pauvres, laquelle trépassa le neuvième jour de février, l'an de gràce mil quatre cent qua- rante-neuf. Priez Dieu pour l'àme d'elle. Amen. » Mais les chanoines de Loches ne voulurent point conserver dans leur église le tombeau (l'Agnès. Sachant que Louis XI détestait la maîtresse de son père, et que, claupliin, il 5' était laissé aller contre elle à quelques prompti~udes, ce qui veut dire qu'un jour il lui avait donné un grand soufflet, les chanoines s'adI'essèrent r-t lui pour débarrasser leur collégiale du monument im- portun. « J'y consens, leur répondit le royal pince-sans-rire mais, avant tout, vous rendrez les bienfaits que vous avez re~us d'elle. » Ils gar- dèrent donc bienfaits et monument jusqu'au règne de Louis XVI: ce monarque vertueux per- mit qu'on reléguât le tombeau dans un bas-côté. La Révolution saccagea le sarcophage. Un repré- sentant du peuple appelé Pochol se fit ouvrir l'urne