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LA VALLEE DE L'INDRE

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douleurs au prix desquelles il accomplit ces pro-
diges. Je viens de relire le Lys de la Vallée;
Et cependant je n'éprouve aucun remords d'avoir,
comme un bon pèlerin, dévotement contemplé le
bureau sur lequel fut composée cette extraordi-
naire merveille de charabia et d'amphigouri.
Alors que devient la théorie, chère à tant de cri-
tiques, et vérifiée par tant d'expériences, selon la-
quelle, seule, la beauté du style assure la durée
des œuvres de l'esprit? Balzac, qui savait à fond la
langue française, l'a, presque toujours, détestable-
ment écrite, à cause de la hâte qu'il mettait à exé-
cuter ses ouvrages; et, pourtant, parmi tous les
écrivains français du dix-neuvième siècle, il est
un de ceux dont la gloire paraît la plus étendue
et la plus solide. Est-il donc, dans l'histoire de la
la littérature, un phénomène, un monstre, qui
échappe aux règles ordinaires de la critique? Ou
bien, à la faveur des maurs démocratiques, le cri-
térium du chef-d'œuvre a-t-il changé? Ou bien,
tout simplement, un laps de cinquante années
n'est-il pas encore un temps d'épreuve suffisant?
J'en étais de ma méditation, lorsque, relevant
la tête, je vis devant moi le château d'Azay, « dia-
mant taillé à facettes. serti par l'Indre, monté sur
pilotis masqués de fleurs. » (Ainsi le décrit
Balzac.) Le spectacle des exquises tourelles en
encorbellement qui flanquent le joli logis de la
Renaissance tourna mon esprit vers d'autres pen-
sées. Vous résoudrez donc le problème à votre
gré, si votre fantaisie vous conduit un jour à
Saché, sous les chênes qu'aimait Balzac.
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