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A TRAVERS LA FRANCE

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temps passe et, peu il peu, accoutumés à ces vo-
cables et.-L ces tours inédits, chacun en vient à con-
sidérer comme simples et naturelles les hardiesses
d'antan. Mais nous ne sommes pas les contem-
porains de Balzac, et son style nous choque toujours
et toujours davantage. Observez, du reste, que ce
ne sont point les « témérités » qui nous froissent,
mais l'embrouillamini des images et l'incompa-
rable impropriété des termes. Cette répugnance
n'est point, comme le voulait Taine, étroitesse
de goût, esthétique de salon excès de l'esprit
d'analyse. Les années ont maintenant accompli
leur tàche décisive la « forme » de Balzac est
pitoyable.

Et, pourtant, Balzac est vivant, plus vivant
que jamais voilà le miracle.

Tous, nous ne cessons de lire Balzac, quelle que
soit -la tournure de notre esprit, épris £le syn-
thèse ou férus d'analyse. Ses héros eurent long-
temps en eux une vertu créatrice et formèrent
une société à leur image. Maintenant, que
l'état politique et les mœurs nous rendent leur
imitation impossible ils continuent de vivre
dans nos imaginations. A chaque page du roman,
nous maugréons contre les broussailles du style,
contre les bouffissures de la pensée mais, le
volume fermé, nous avons devant les yeux des
figures inoubliables tout à l'heure, sous les
noyers de Clochegourde j'ai vu madame de
Mortsauf. Puis, reconnaissants au thaumaturge
qui nous procura ces visions, nous sentons,
chaque jour, un désir plus ardent cie pénétrer
l'intimité de sa vie, de connaître les peines et les
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