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LA VALLÉE DE L'INDRE

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nise. » Cela, c'est le plus effroyable des pathos.
Je ne choisis pas tout exprès quelques passages
particulièrement ridicules. A chaque page, c'est
le même amas de métaphores d'une banalité sor-
~dide et d'une douloureuse incohérence. En lisant
le Lys de la Vallée, on se prend à penser que,
venant s'installer à Clochegourde, en plein pays
balzacien, M. Jules Mary a bien pu se croire l'hé-
ritier direct de Balzac.

Je n'ignore pas la défense du style de Balzac
par Taine, défense que, l'an dernier, M. Brune-
tière a renouvelée avec tant d'éclat Balzac s'a-
dresse. à un public immense et populaire vous
n'avez pas le droit d'appliquer à son style une
esthétique de salon cette langue a de la grandeur,
de la richesse et de la nouveauté ce style est un
chaos gigantesque vous êtes choqué d'abord,
« puis l'habitude vient, bientôt la sympathie et le
plaisir. au lieu d'un jardin commode et bien
planté, c'est le fouillis obscur et énorme d'une
grande fort~t. » Ce morceau de Taine est un des
plus brillants de son admirable essai sur Balzac.
Il ne m'a jamais convaincu et ne me convaincra
jamais. Un demi-siècle s'est écoulé l'habitude
n'est pas venue, ni la sympathie, ni le plaisir.
Que l'originalité d'un écrivain qui crée pour
son usage une langue nouvelle, blesse, décon-
certe, épouvante ses contemporains, c'est une
aventure ordinaire et banale: le goût tradi-
tionnel s'alarme de l'imprévu des mots, et les
grammairiens il y a un grammairien grin-
cheux au fond de « tout homme d'esprit »,
sont révoltés des irrégularités de syntaxe; mais le
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