LA VALLÉE DE L'INDRE 23 dement drapées de verdure, et j'ai compris le compliment que Félix adresse à M. de Mortsauf, propriétaire de Clochegourde « Frapesle est une massive argenterie, mais Clochegourde est un écrin de pierres précieuses. » Clocliegoui-de fait face à Frapesle, sur l'autre coteau de la vallée de l'Indre, et montre toujours, parmi les acacias et les chênes, ses toits « gra- cieusement contournés aux angles, décorés de mansardes à croisillons sculptés et de bouquets en plomb sur les pignons. » Ce chàteau, qui s'ap- pelle en réalité la Chevrière, est habité maintenant par un romancier, M. Jules Mary, qui, plus heu- reux que Balzac, put avoir sa terre, son parc et sa maison en Touraine. J'ai aperçu les terrasses, les noyers et les landes de Clocliegourde. Enfin, sur la route (le Frapesle à Saclié, je suis passé de- vant le cimetière du village il était autrefois au milieu du bourg, près de l'église et j'ai été sur le point de maudire ceux qui avaient troublé le dernier sommeil de madame de Mortsauf. 1< Quelques lieures plus tard, assis dans le parc d'Azay-le-Rideau, je rouvre le roman de Balzac. Mais maintenant ma pieuse badauderie a pris fin je n~ai plus le souci de retrouver dans la réalité le décor du Lys de la Vallée. Me voici de nouveau partagé entre ces impressions contra- dictoires que nous laisse toute lecture de Balzac, pourvu que nous ayons un peu de goût et de bonne foi. L'incertitude est encore plus forte et plus troublante au retour de ce pèlerinage.