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A TRAVERS LA FRANCE

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sèches, glaciales, de sa mère, sa créancière et
c'est ici, par cette fenêtre ouverte, que la douceur
du ciel et la magnificence des elH~lles lui sug-
géraient ces rêves naïfs et insensés dont il com-
posa, sans qu'aucun déboire ne le rebutât, le
roman de sa propre vie.

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J'ai relu le Lys de la Vallée. Les « paysages »
y sont d'admirables tableaux peints d'après nature,
avec un amour profond. Le romancier avait les
sites mêmes sous les yeux pendant qu'il écrivait,
et c'était sa terre natale qu'il peignait. Il faut
confronter cés pages avec la réalité. Elles sont
vraies, d'une vérité intime et profonde elles tra-
duisent avec une perfection et surtout une so-
briété, qu'on ne trouve pas dans (l'autres des-
criptions de Balzac, le charme le plus secret (les
lignes et de la lumière de la Touraine.

Sur les bords de l'Indre, j'ai pu, épisode par
épisode, reconstituer toute la mélancolique his-
toire de madame de Mortsauf. J'ai traversé le
village du Pont-du-Ruan « Imaginez au delà (lu
pont deux ou trois fermes, un colombier, des
tourterelles, une trentaine de masures séparées
par des jardins, par des haies de chèvrefeuilles,
de jasmins et de clématites puis du fumier fleuri
devant toutes les portes, des poules et des coqs
par les chemins. » J'ai vu les arbres centenaires
de Frapesles (t), et ses murailles massives lour-
(t) Frapesle s'appelle en réalité Vilesnes Ce nom de Fra-
pesle était celui d'une propriété voisine d'Issoudun Balzac
a fait de fréquents séjours, chez madame Zulma Carraud.
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