A TRAVERS LA FRANCE 20 pas me servir de quelqu'un pozcr ne pas compro- mettre mon nom. » Et toujours l'invincible opti- misme du grand travailleur « Sauf cette gêne de six mois environ, .le ne me suis jamais trouvé dans une plus belle position. Tôt ou tard, la litté- rature, la politique (il.songeait à se présenter aux élections en Touraine), un mariage ou une grande affaire me feront une fortune. » En attendant, les affaires de sentiment compliquent encore celles d'argent. Il est attendu à Aix, dit-il à madame Carraud, par « une de ces femmes aristocra- tiques que vous avez en liorreur, sans doute une de ces beautés angéliques auxquelles on prête une belle àmé, la vraie duchesse, bien dédaigneuse, bien aimante, fine, spirituelle, coquette, rien de ce que j'ai encore vu un de ces phénomènes qui s'éclipsent, et qui dit m'aimer, et qui veut me garder au fond d'un palais à Venise (car je vous dis toutà vous !) et qui veut que je n'écrive plus que pour elle. la femme des rêves jalouse de tout » Mais pour aller retrouver madame de C. point d'argent nouvelles combinaisons, nouvelles ad- jurations à sa mère (1), Voilà le ~°ej~os de Balzac. Et pourtant, malgré les tracas qui le poursuivent dans sa retraite, il aime les arbres et le silence de Saché. En juin 1836, il écrit madame Hanska « Je suis en ce moment dans cette petite chambre de Saché où j'ai tant travaillé! Je revois les beaux arbres que j'ai tant vus en cherchant mes idées. Je ne suis pas plus avancé en 1836 qu'en 1829 je (1) Correspondance, 1832. Passim.