LA VALLÉE DE L'INDRE 17 2 moigna toujours madame de Balzac à son fils Honoré, réservant toute sa tendresse maternelle à son second fils Henri. D'autre part, il ne semble pas que Honoré de Balzac ait jamais éprouvé une très vive amitié pour M. de Margonne. En reconnaissance de l'hospitalité qu'il recevait de lui, il lui dédia Une ténébreuse A ff aire. Mais, ailleurs, il parle de son avarice et reproche à madame de Margonne, qui était bossue et dis- graciée, son étroitesse d'esprit, son peu d'ama- bilité. M. de Margonne survécut à Balzac et, der- nière ironie de la destinée, son testament conte- nait en faveur du romancier un legs considé- rable qui peut-être aurait permis à celui-ci de désintéresser enfin ses créanciers et de rétablir ses affaires. Voilà tous les renseignements que j'ai pu gla- ner sur M. de Margonne, « le sire de Saché », comme l'appelle Balzac. Quant au château même, il n'a point changé depuis le jour où Félix de Vandenesse l'aperçut pour la première fois « Puis je vis, dans un fond, les masses romantiques du château de Saché, mélancolique séjourplein d'harmonies, trop graves pour les gens superficiels, chères aux poètes dont l'âme est endolorie. Aussi plus tard en aimai-je le silence, les grands arbres chenus et ce je ne sais quoi my stérieux, épandu dans son vallon soli- taire. » On n'a point touché à la petite chambre, c'était la chambre même de Balzac, où Félix vint pleurer madame de Mortsauf « Ils me conduisirent mourant jusqu'au château de Saché. Je demeurai quelques jours dans une chambre