A TRAVERS LA FRANCE !6 plus doux, le plus tourangeau des paysages de Touraine, sous les saulaies de la prairie, sous les chênes des parcs, on retrouve, vivants d'une vie pareille, et Balzac et les êtres nés de son génie. Voici, en effet, le château de la Chevrière, qui fut Clochegourde, castel des Mortsauf le château de Vilesnes, qui fut Fraspel, demeure de M. Durand du Chessel; voici enfin le château de Saché où Balzac a souvent résidé. Souvenirs de l'homme et souve- nirs de l'ceuvre sont ici confondus. J'ai passé une belle journée à les évoquer les uns et les autres. x Lorsque, pourchassé par ses créanciers ou ter- rassé par la fatigue, Balzac voulait fuir Paris, il se rendait soit chez madame Zulma Carraud, à Issoudun, soit chez M. de Margonne, au châ- teau de Saché. On retrouve dans sa correspon- dance la preuve qu'il séjourna quelques semaines chez M. de Margonne en 1829, en 1831, en 1832, en 1834, en 1836, en 1837. Ce M. de Margonne était le gendre de de Sa- vary, à qui Balzac a dédié la Peau de Cleagrin. M. de Savary habitait Vouvray et Balzac dans sa jeunesse se rendait souvent chez lui. Ce fut ainsi, sans doute, que se nouèrent des relations entre M. de Margonne etla famille de Balzac. Sur ces rela- tions une lettre, encore inédite, adressée à ma- dame Hanska donne les renseignements les plus précis. Cette lettre sera-t-elle jamais publiée? Je l'ignore et, par suite, n'ose insister. Peut. être trouverait-on là le secret de l'antipathie que té-