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A TRAVERS LA FRANCE

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et les pierres sont muettes. Tout ce qu'on peut
conjecturer, c'est que Rabelais ne conserva pas
un trop mauvais souvenir de ses premiers maitres,
puisque, après avoir fait profession duns l'Ordre
des Frères mineurs de l'Observance, il revint un
jour, à Maillezais, dans un couvent de bénédictins
et y passa plusieurs années.

Ces bribes de souv enirs et ces débris d'un cou-
vent ruiné seraient d'un médiocre intérêt. Mais
Seuilly, pour d'autres raisons, est cher à la
mémoire des rabelaisiens. Seuilly, vous l'avez
sans doute déjà reconnu, c'est Seuillé, le cou-
vent de Frère Jean des Entommeures, « jeune,
gualant, frisque, deyhayt, bien il. dextre, hardy,
adventureux, délibéré, haut, maigre, bien fendu
de gueule, bien advantagé en nez, beau dépescheur
d'heures, beau deshrideur de messes, beau des-
croteur de vigiles; pour tout dire sommairement,
vrai moyne, si oncques en feut depuys que le
monde, moynant moyna de moynerie, Au reste,
clerc jusques ès dents en matiere de breviail'e.» Elle
a été rasée l'église, Frère Jean se prëcïpita
pour interrompre la psalmodie des moines de la
manière que l'on sait et avertir ses Frères que
les ennemis vendangeaient leur clos. Mais les cel-
liers l'on conservait le vin du monastère sont
encore intacts; et l'on m'a montré le clos sur
lequel était fondé « tout le boire » du couvent
le phylloxera y a passé, plus terrible encore que
la bande pillarde du roi Picrochole.

Qui était Frère Jean des Entommeures ? Il s'ap-
pelait, dit-on, Buinart, et, après avoir été religieux
à Seuilly, devint prieur de Sermoise. Selon
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