CHINON 9 tuée l'abbaye de Thélème. Le décor est à souhait les vignes luxuriantes s'épanchent en opulentes frondaisons, qui foisonnent de toutes parts, et des phrases de Rabelais traversent notre mémoire, folles et capricieuses ainsi que des pampres. De l'autre côté du vallon les coteaux ondulent avec une lente sérénité, avec une gràce raisonnable, comme pour nous exhorter à la noble et indul- gente sagesse du bon Grandgousier. Le charme d'un tel tableau séduit tout de suite nos yeux de Français, sans que nous soyons obligés de nous forcer à l'admiration et c'est bien de la sorte que, du plus profond de nous-mêmes, nous aimons la beauté saine et joyeuse d'une page de Rabelais. JF. JF. Rabelais fut élevé chez les bénédictins de Seuilly. De ce couvent, situé à un kilomètre de la De-ânière, il reste seulement quelques hâ- timents à demi-ruinés. L'église abbatiale a disparu. En bon'pèlerin, j'ai voulu voir les vestiges de Seuilly ils sont maintenant cachés derrière le mur d'une propriété privée. Une belle avenue, qu'égayent des lauriers-roses, quelques dé- combres à demi recouverts par les herbes et les lierres, un grand espace environné de petites charmilles, le Jeu de Paume des moines, des salles voûtées du quinzième siècle, voilà tout ce qui subsiste du monastère de Seuilly. Sous ces belles voûtes, on se représente le petit Fran- çois Rabelais épelant son rudiment. Nous ne savons rien de plus. Les historiens ignorent