VACANCES EN LIItOUSIN 59 Revenons aux bouchères de Limoges. Le plus grand nombre a conservé la traditionnelle coiffe blanche de linge uni, à peine empesé, aux larges ailes tombantes, chères à leurs al'rière-grand'mèl'es, ainsi que leur prédilection pour les couleurs vives et voyantes. Par contre, entre elles, c'est à qui éta- lera la plus brillante pacotille de bijoux d'or. C'est même un spectacle assez original que la vue de quelques-unes de ces dames chamarrées de colliers, de croix d'or, de coeurs émaillés, les bracelets aux bras, des émeraudes, des rubis aux doigts, et de magnifiques diamants aux oreilles, vanter le bon marché et servir deux sous de mou de veau. La corporation des bouchers est, du reste, composée de gens en général riches, et, comme ils s'allient presque toujours entre eux, les fortunes se maintien- nent. N'oublions pas, à leur louange, que, quand le malheur et l'infortune frappent l'un d'eux et que l'honneur est sauf, la corporation entière intervient pour le sortir du mauvais pas et lui faciliter, par le travail, le retour à l'aisance. De nos jours, le quartier des, Bouchers n'existe plus dans son originalité première, même comme il y a vingt ans. Les fréquents incendies de Limoges,