.VACANCES EN LIAlOUaIIY 31. ressources, ne lui fournit pas beaucoup de moyens pour pare!' à ce malheur mais 'la force et la pa- tience lui tinrent lieu de génie, et son invention a quelque chose de la férocité et de l'épaisseur de son siècle. Il se mit en tête, pour éluder la défense, de dompter un taureau, et de s'en faire un destrier d'une espèce nouvelle. Il choisit donc entre ces animaux le plus vigoureux et le plus grand qu'il put trouver. Il travailla pendant deux ans à le vaincre, à l'accoutumer au frein, à le manéger, à le réduire enfin à tous les mouvements agréables et rapides que l'on peut attendre du cheval le plus savam- ment exercé et il en vint à bout en exposant vingt fois sa vie à lutter contre cet animal indomptable jusqu'alors, et peut-être indompté depuis. Ce fut le chef-d'oeuvre de la patience, de l'adresse et de la témérité. Sûr du succès alors, il fit faire à son tau- reau le harnais le plus magnifique. Il lui fit doubler les cornes d'une feuille d'or, l'orna de rubans et de testons, le couvrit d'un caparaçon superbe, et, suivi d'une livrée brillante, il parUt ()QUI' la cour; et re- vêtu lui-même de l'armure la plus éclatatite, monté sur son taureau, il parut dans cet équipage sous les murs du palais de Louis VU. Un spectacle aussi