VACANCES EN LIMOUSIN 21 émerveillé de la ténacité, de la ruse mercantile innées chez tout paysan aux prises avec la « roublardise » et le « bagout » des côurtiers forains, acheteurs de tous les produits du pays, depuis lès oeufs par centaines et poulets jusqu'aux boeufs engraissés pour les diriger sur Paris, les grands centres et même l'étranger. Le marchandage entre gens du pays n'est pas moins agrémenté de cris, gesticulations, serments à faire frémir on va jusqu'aux insultes réciproques, leS bâtons noueux ont l'air de vouloir se mettre de la partie, mais qu'on se rassure conime par enchantement, quand le marchandeur ne tope pas dans la main du vendeur, en signe de marché conclu, il s'en va tranquillement ,recommencel' un peu plus loin le même manège. La vente d'un bourri- quet'ou d'une suitée de truie est un véritable poème homérique pour qui comprend le patois du pays. A cetégard-là, les touristesde BrantÔme n'avaient rien de nouveau à apprendre; les marchés de Piégut dans le Nontronnais et les foires du Périgord sont aussi animées qu'en Limousin. Ils se hâtèrent donc de déjeuner .à l'auberge voisine avant que le flot des affamés eût envahi toutes les tables, et, aussitôt le café pris, ils s'en furent à la recherche des vestiges