REVUB DE L'EST.
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précédé, et ne doit rien surtout aux deux grands poètes qui
nous ont déjà occupé ici. Il diflëre d'eux par la forme de
ses oeuvres, par la nature des sujets, par les sentiments
qu'il exprime, par le style. Enfin comme La Fontaine,
il semble s'être dit « les grands ouvrages me font peut, »
ses plus longues créations soni renfermées dans des limites
fort restreinte~. Est-ce par goÙt? Est-ce par un juste
sentiment de -ses forces qu'il évite ainsi les longs tra-
vaux ? Nous ne saurions le dire; et peu importe ,ipi,ès tout.
Pour faire preuve d'une imagination puissante, il faut con-
cevoir et exécuter de vastes compositions; mais on peut
être un penseur profond, un grand philosophe, un remar-
quable écrivain, tout en ne produisant que des écrits de
courte haleine. Quant aux sujets traités par Tennyson ils
appartiennent aux genres les plus divers récits cheva-
leresques, élégies antiques ou modernes contes comiques
ou empruntés à l'imagination orientale, poèmes saririques;
philosophiques, religieux, ballades, et une multitude de
petits opuscules impossibles à classer, voilà ce dont se
compose son œuvre, jusqu'à présent du moins.
Le style de ce poète est tout à part; il nous semble parfois
étrange, généralement inférieur à celui de Byron et de
Shelley, dont nous saisissons beaucoup mieux les dualités
mais tel qu'il est, il plaît beaucoup en Angleterre; et loin
de nous la prétention de juger si nos voisins ont 10l't ou
raison de s'en éprendre. Pour décider si, comme écrivain,
(nous donnons ici à ce mot le sens le moins étenùu), un
auteur étranger est bon ou médiocre, et pour expliquer en
quoi il est bon ou médiocre, il faut avoir une connaissance
bien complète, bien approfondie de sa langue. Nous croyons
pouvoir aml'mer cependant que le style ode Tennyson, s'il
est"pal'fois singulier, n'est jamais vulgaire; que le pittoresque
et l'énergie y règnent habituellement. Il a pour nous,
Français, un grand défaut, il manque de clarté il enveloppe
souvent la pensée comme un nuage seulement, circonstance