VOYAGE LITTÉl\ArIlE temps la face de la Province. Les habi- tantS, devenus fdjets d'un grand Empire, fentirenc leur ame s'élever. Animés du defir de la gloire ils fe livrerent l'étUde des connoitfances humaines à dont Marfeille étoit devenue le ber- ceau; &, fous l'empire de Claude, on :1uroit dit, fuivant Tacite, qu'ils étoient nés à l'ombre du Capitole Pline lui- même atfure que de fon temps la Province Narbonnoife étoit fi bien cul- tivée, fes campagnes fi agréablement ornées, fes habitants fi polis qu'on l'auroit prife pour une portion de l'Ita- lie il eft du moins certain qu'on ne la regardoit pas comme une Province étrangete: les Sénateurs Romains, qui en étoient originaires 9 potivoient y ve- nir fans congé, quoiqu'il leur fût expref. fément défendu de quitter l'Italie fans la permiffion de fEinpereur. Au refte cet Etat floriflant ne fut pour ainfi dire qu 'é p hémère. Les liai- fons intimes que la Provence avoir avec l'Italie; le commerce qu'elle faifoir avec les Grecs & les Africains, la livrerent aux vices des Nations érrangeres: d'un autre c6té,' l',Empire Romain touchoit à fa décadence. Provence partagea