NOUVELLES DU PAYS 63 En chasse, il me surveille, et chaque fois que je passe une clôture, il accourt et é~a rte les épines ou les fils de fer armés de pointes. Ne vous donnez pas cette peine, lui dis-je. Vous attraperez un chaud et froid, je passerai bien seul. Oh ce n'est pas de vous que je m'in- quiète, dit Philippe, c'est de votre paletot, vous ne prenez aucune précaution. -Vous le déchirez à tous les piquants, et comme il doit me revenir un jour, je tâche d'en sauver le plus que je peux. Le soleil d'août a brûlé l'herbe. On ne peut pas donner aux bêtes le foin de la ré- colte engrangée. Que leur resterait-il pour l'hiver ? Et on les laisse au pré. Mais elles y jeûnent, Philippe, elles y souffrent. On les voit maigrir, dit-il. Il n'y a plus un brin d'herbe qu'est-ce qu'elles peuvent bien manger ?