VOYAGES TBÈS-EXTBA'OB.DIlUIRBS.
1
27
Naturellement aussi, ils avaient droit aux liqueurs les plus super-fines
et ne s'e~ 18:Ï~saient pas manquer.
Il faut dire que ces sinistres forbansétaient connus et redoutés dans toutes
les Uesde la Sonde. Le premier, le célèbre Bora-Bora, explo~!aitdepuis de lon-
gues années les mers malaises, ravageait les archipels, prenait les navires,
massacrait les équipages et dernière et très-importante opération trou-
vait avantageusement à placer les produits de ce qu'il appelait son commerce,
à Java, Bornéo ou Sumatra. r
Les deux autres, Sibocco et Bumbaya, étaient ses lieutenants; ils avaient
appris le négoce à son école et ne connaissaient pas de meilleur moyen pour
solder les marchandises, que de couper la tête aux marchands.
La soif satisfaite fait penser à la faim; bientôt Bora-Bora eut faim. Celui
qui paraissait être le maUre de la bande reçut l'ordre de préparer le
repas.
Oncommença, en guise de hors-d'œuvre, par faire honneur aux provisions
de la Belle Laocadie, pendant que le cuisinier s'occupait à mettre à la broche
un énorme sanglier~ tué le matin même par l'un des Malais.'
Ce cuisinier vaqua assez tranquillement pendant cinq minutes -à celte
sérieuse occupation, mais au bout de cinq minutes des distractions lui vinrent, 1
il jeta des regards d'envie vers ses cinquante camarades, qui, formaflt un grand
rond autour du feu sur lequel cuisait le sanglier, dégustaient avec ardeur les 1
bouteilles bien-aimées du capitaine Lastic. 1
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-Y2-602