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1 16 -O\"AGES TRÈS-IsXTRAORDIIYAIR&S.

Il leur fit, en manière de jeu, ponsser l'arbre à l'eau; quand l'embar-
cation fut prêle, Farandoul, résolu, embrassa tendrement mais rapidement
ses frères, et saula sur le cocotier qui s'éloigna du rivage.

Les cinq frères poussèrent cinq cris de frayeur et levèrent en l'air cinq
paires de bras désespérés l Il étâit déjà trop loin pour être rattrapé, les pau-
\Tes singes le comprirent; pendant qu'ils couraient comme dès fous sur le
rivage, d'autres singes accouraient à leur8 cris. Farandoul¡ profondément
ému par leur douleur, reconnut ses parents, illourna en pleurant la têle -vers
la pleine mer; avec une branche, il dirigea adroilemenllccocolier à -travers
les écueils et les passa sans naufrage. Les cris des pauvres- singes s'enten-
daient à peine, la brise qui s'élevait souffla dans les feuilles du cocotier et le
poussa au large.

Quelques heures après, l'He des singes avait disparu, le cocolie~ voguait
en plein océan Pacifique.

Saturnin Farandoul, tranquillement assis à l'entre-croisement de deux
branche8, était ravi, ses instincts de navigateur s'éveillaient en lui Ses res-
sources consistaienl en quelques vingtaines de noix de coco encore suspendues
à l'arbre, et le soleil dardait ses rayons sur son corps entièrement nu j ayant
toujours vécu chez les singes, se croyant d'ailleurs singe lui-même, il ne pou-
vait seulement pas savoir ce que c'élail qu'un vêlement."
A~ son cou pendait, depuis son arrivée dans l'lle, la~lague à tabac con-
tenant'son acte de nais8nnce; ses parents d'adoption la lui avaient attachée
au col sans trop savoir pourquoi, et Farandoul s'était habitué fi la porter.
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