VOYAGES TRÈS-EXTRAORDINAIRES.
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Alors il se frappa le front; en ayant l'air de se dire à lui-même un Eurèka
triomphant, et faisant approcher un des jeunes singes frères de Farandoul,
il les plaça tous deux côte à côte, lè dos tourné à l'assemblée.
Cela fait, il montra que l'arrière-train du petit singe possédait un ma-
gniflque appendice caudal, le panache flamboyant si commode pour la
gymnasliqu~ aérienne, la cinquièms main que l'admirable nature a libéra-
lement octroyée à l'espèce, tandis que le pauvre Farandoul n'en pouvait
montrer la plus petite apparence.
Tous levèrent alors les bras au ciel, les plus éloignés, qui n'avaient rien
vu, firent de même et s'approchèrent tumultueusement pour connaitre la rai-
son de ces mouvements exclamatifs.
Les vénérables de la tribu rétablirent le bon ordre, discutèrent avec de
grands mouvements de bras avec les plus étonné5, et enfin tous les singes
vinrent en procession défiler devant ou plutôl derrière le petit Farandoul,
s'arrétant successivement pour l'examiner et se rendre compte du-fatal oubli
de la nature.
Quelques-uns présentèrent quelques observations et semblèrent demander
si In chose était incurable le vieux singe blanc, pour toute réponse, leur fit
voir qu'on ne pouvait raisonnablement fonder le moindre espoir sur la pluii
légère apparence. 1
Cependant, sur un ordre qu'il donna après avoir encore réfléchi, quelques ts
singes se répandirent dans les rochers pendant que l'assemblée attendait avec
anxiété. Au bout de quelque3 minutes, ils revinrent munis d'un paquet 1
d'herbes, qui furent, avec de gros escargots et des limaces, pilées entre deux 1
pierres. 'i
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Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-Y2-602