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blait regardéi les vieillards, qui'se réunissaient assez souvent en conseil, au
pied d'un eucalyptus géa.i1t dans les branches :duquel les jeunes-foiàtraient'
sans prendre part à la discussion' j ·
Il faut dire que tous étaient pleins' de respect pour ces dignes BncéÍrea,
et que jamais les petits singes délurés ne se seraient permis de leur Sauter
sur le dos ou de les tirer par la queue "en passant, sans -autorisatio'n préa-
lable.
-P'aratidoul était depuis un an dans la. famille.
Il se roulait bien sur l'herbe avec ses frères de lait, il jouait bien avec eux
à tous les jeux charmanLs des jeUiles singes', mais, au grand étonnement de
ses parents, il ne .,lançait encore qu'imparfaitement dans les 'cabrioles et
refusait énergiquement de monter daIis les cocotiers.
CeLte.timiditéthez un gaillard de dix-huit'mois inquiétait les braves singes
au plus haut po4t' Ses frères avaient beau lui donner l'exemple par les plus
audacieuses ascènaione et les plus aériennes culbutes, Farandoul ne mordait
pas à la gymnastique.
Il grandit çt devint en peu de temps un robuste gamin; l'in~iéLude aussi
de ses parents grandissait.- Elle devint un véritable chagriIi,quand ils virent
que décidément il ne pouvait les suivre lorsque, dans les parties de câmpa~
gne, la famille, cherchant des distractions, se lançait dans lès, haùtés bran-
ches deS' arbres et organisait de joyeuses parties de voltige dans les cocotiers,
ces agréables balançoires données par la nature.
-Les frères de -Farandoul lui faisaient toutes les niches possibles et se sau-
vaient dam les arbres pour l'inviter à y monter, mais lui restait au pied tout
chagrin et tout étonné de ne pouvoir les i.J1J.iler.
IA bonne nourrJ:cedeFarandoul, qui l'aimait au moins autil.nt ,que ses
autres enfants; et. peut-Atre un peu plus, car il était inconte3tablement le
plus faible, ne sa,vaitqt1e faire pour développer des qualités de gymnasiarque
qu'elle croyait devoirexiBter ohez lui comme chez tons les singes..
Tantôt accrochée par la queue aux basses branches d'un arbre, elle se
lançait dans l'espace et se balançait en appelant Saturnin par de petits cris
de reproche tantôt elle faisait mille culbutes, se promenait sur les mains,
le faisait monter sur son dos, et grimpait avec lui dans les branches mais,
dans le premier cas, Saturnin Farandoul restait en bas sourd à ses appels, et
dans le second, il se cramponnait effrayé à la fourrure dé sa maman sans
vouloir lâcher prise. Que de sujets de tourments pour les braves orangs l
Bientôt cette préoccupation ne les quitta plus et devint une inquiétude
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-Y2-602