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leurs gestes bienveillants, ces vieillards véné-
rables appcouvaient sa conduite etparaissaient
le louer fort.
Peu à peu, l'émoi causé par son arrivée se
calma, la vie ordinaire reprit son co"urs.
Si Farandoul avait été plus' âgé, il aurait
pu s'émerveiller de l'existence patriarcale que
menaient les singes. En effet, les heureuses
populations de cette lle fortunée, perdue dans
l'immensité du Pacifique, très-loin des routes
ordinaires des navires, en étaient encore à
l'9ge d'or L'ile était extraordinairement fer-
tile, tol.Ís les fruits de la terre poussaient en
abondance et bien entendu 'sa,ns la moindre
culture, aucuns fauves redoutables n'infes-
taient les forêts habitées en toute sécurité par
les espèce les plus inoffensives.
La race simiesque formait le sommet de
l'échelle des êtres et dominait par son intelli-
gence toute la nature animée de 1'lle; l'homme
était inconnu et ne l'avait pas comprimée par
sa barbarie ou pervertie par ses exemples,
comme tant de races de singes déchues et
vouées à l'ignominie, qui végéteront éternel-
lement dans les pays habités par les hommes,
si quelque singe de génie ne parvient un
jour à les faire retourner à la vie pure des
temps antiques dans les solitudes inaccessibles
l'homme.
Ces singes étaient d'une race intermédiaire
entre les Orangs-outangs et les Pongos; réunis
par tribus, dans des sortes de villages com-
posés d'une cinquantaine de cases en menus
branchages, ils vivaient heureux.
Chaque famille jouissait de la liberté la
plus complète dans la vie individuelle, et
quant aux choses d'intérêt général, cela sem-
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-Y2-602