Fermer
Aucun mot recherché, veuillez saisir un terme.
Fermer
Accueil Consultation

Notice complète

Fermer

Titre : Mémoires d'Outre-tombe ([Numérisé en mode texte]) / Chateaubriand

Auteur : Chateaubriand, François-René de (1768-1848)

Éditeur : Acamédia (Paris)

Date d'édition : 1997

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : text/html

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k1013503

Source : Acamédia

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb37304286x

Provenance : bnf.fr

Fermer
Affichage
Affichage
Première page Page précédente
Pagination
Page suivante Dernière page (Vue 592 / 617)
Télécharger / Imprimer
Fermer la popin

Téléchargement

Vous avez la possibilité de récupérer un fichier informatique contenant plusieurs pages de l'ouvrage. Ce fichier peut être au format Acrobat PDF, JPEG monopage ou texte non structuré txt. Vous pouvez ainsi consulter le document sous ces différents formats et les imprimer.

Choisissez le format du fichier:
PDF
JPEG (Seulement page à page sur la page en cours)


Choisissez de télécharger :
le document entier
une sélection du document


Pour une réutilisation non commerciale du contenu
En cochant cette case, je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utilisation non commerciale et je les accepte.


Pour une réutilisation Commerciale
consultez nos conditions de reutilisation commerciale

Fermer
Contribuer

Signaler une anomalie

Vous souhaitez signaler une anomalie sur le document suivant :

Titre : Mémoires d'Outre-tombe ([Numérisé en mode texte]) / Chateaubriand

Auteur : Chateaubriand, François-René de (1768-1848)

URL de la page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1013503/f592


Merci de décrire l'anomalie rencontrée le plus précisément possible, grâce aux propositions ci-dessous et/ou à la zone de commentaires.


Nature du problème :

Données bibliographiques erronées

Incohérence entre les données bibliographiques et le document affiché

Image(s) floue(s) ou tronquée(s)

Document incomplet ou page(s) manquante(s) :

Table des matières incohérente ou incomplète

Problème de téléchargement

Document inaccessible

zoom

OCR/texte

mode écoute

mode plein écran

autres (à préciser dans le champ commentaires)

Autres (à préciser dans le champ commentaires)


Commentaires :



Laissez nous votre courriel afin que nous puissions vous répondre:


Veuillez recopier les caractères que vous voyez dans l'image.

La saisie n'est pas conforme à l'image affichée

Fermer
Commander
Fermer la popin

Commander

Pour obtenir un tirage de ce document ou le fichier numérique en haute définition auprès du departement de la Reproduction de la BnF : Cliquer ici

Fermer
Aide

Envoyer par courriel

Fermer
Un courriel a été envoyé au destinataire Suite à un problème technique, le courriel n'a pas pu être envoyé. Veuillez réessayer, s'il vous plaît.
Fermer

Module de recherche

Cliquez ici pour replier le module de recherche vers la gauche ou pour l'ouvrir

Résultats de la recherche

Rechercher dans ce document

[12]


Madame Récamier à Lyon. - Madame de Chevreuse. - Prisonniers Espagnols.

Madame Récamier demeurée seule, pleine de regrets, chercha d'abord à Lyon, sa ville natale, un premier abri. Elle y rencontra Madame de Chevreuse, autre bannie. Madame de Chevreuse avait été forcée par l'Empereur et ensuite par sa propre famille d'entrer dans la nouvelle société. Vous trouveriez à peine un nom historique qui ne consentit à perdre son honneur, plutôt qu'une forêt. Une fois engagée aux Tuileries, Madame de Chevreuse avait cru pouvoir dominer dans une cour sortie des camps. Cette cour cherchait, il est vrai, à s'instruire des airs de jadis, dans l'espoir de couvrir sa récente origine : mais l'allure plébéienne était encore trop rude pour recevoir des leçons de l'impertinence aristocratique. Dans une révolution qui dure et qui a fait son dernier pas, comme par exemple à Rome, le Patriciat, un siècle après la chute de la République, put se résigner à n'être plus que le sénat des Empereurs ; le passé n'avait rien à reprocher aux Empereurs du présent, puisque ce passé était fini ; une égale flétrissure marquait toutes les existences ; mais en France les nobles qui se transformèrent en chambellans, se hâtèrent trop ; l'Empire nouvellement né disparut avant eux : ils se retrouvèrent en face de la vieille monarchie ressuscitée.

Madame de Chevreuse attaquée d'une maladie de poitrine sollicita et n'obtint pas la faveur d'achever ses derniers jours à Paris ; on n'expire pas quand et où l'on veut. Napoléon. qui faisait tant de décédés, n'en aurait pas fini avec eux, s'il leur eût laissé le choix de leur tombeau.

Madame Récamier ne parvenait à oublier ses propres chagrins, qu'en s'occupant de ceux des autres : par la connivence charitable d'une soeur de la Miséricorde, elle visitait secrètement à Lyon les prisonniers Espagnols.

Quand elle leur apparaissait en robe blanche, et les mains chargées de bienfaits, dans l'obscurité de leur geôle, ils la prenaient pour une vision. Un d'entre eux, brave, beau et chrétien comme le Cid, s'en allait à Dieu. Assis sur la paille, il jouait de la guitare ; son épée avait trompé sa main. Sitôt qu'il apercevait sa bienfaitrice, il lui chantait des romances de son pays, n'ayant d'autre moyen de la remercier. Sa voix affaiblie et les sons confus de l'instrument se perdaient dans le silence de la prison. Les compagnons du soldat, à demi enveloppés de leurs manteaux déchirés, leurs cheveux noirs pendants sur leurs visages hâves et bronzés, levaient des yeux fiers du sang castillan, humides de reconnaissance sur l'exilée qui leur rappelait une épouse, une soeur, une amante et qui portait le joug de la même tyrannie.

L'Espagnol mourut. Il put dire comme Zawiska, le jeune et valeureux poète polonais :

" Une main inconnue fermera ma paupière ; le tintement d'une cloche étrangère annoncera mon trépas et des voix qui ne seront pas celles de ma patrie, prieront pour moi. "

Mathieu de Montmorency vint à Lyon visiter Madame Récamier. Elle connut alors Monsieur Camille Jordan et Monsieur Ballanche, dignes de grossir le cortège des amitiés attachées à sa noble vie.

Les circonstances politiques mettant chaque jour de nouveaux obstacles aux correspondances, Madame Récamier attendit longtemps dans une cruelle anxiété, des nouvelles de Madame de Staël ; elle en reçut enfin la lettre suivante :

" Waderis.

" Vous ne pouvez vous faire une idée, cher ange de ma vie, de l'émotion que votre lettre m'a causée. C'est au fond de la Moravie, près de la forteresse d'Olmütz que ces paroles célestes me sont arrivées. J'ai pleuré des larmes de la douleur et de la tendresse en entendant cette voix qui m'arrivait dans le désert comme l'ange d'Agar. Mon Dieu ! mon Dieu ! si l'on ne m'avait pas séparée de vous, je ne serais pas ici. Schlegel est resté à Vienne pour m'apporter de là l'argent du Nord qui m'est nécessaire. Je suis donc seule avec ma fille et mon fils, dans le pays le plus triste de la terre, et où l'allemand me semble ma langue maternelle, tant le polonais m'est étranger. J'ai rencontré sur le chemin de longues processions de gens du peuple qui allaient implorer Dieu dans leurs misères en n'espérant rien des hommes, en voulant s'adresser plus haut. Déjà l'on commence à sentir que l'on a quitté l'Europe civilisée. Quelques chants mélancoliques annoncent de temps en temps la plainte des êtres souffrants qui, lors même qu'ils chantent, soupirent encore. J'ai bien de la peine à défendre mon imagination de l'effet qu'elle reçoit par ce pays. Enfin il faut aller puisque j'ai commencé. Faites que, de temps en temps, un mot de vous m'arrive, qui soit pour le passé ce que la prière est pour l'avenir, un éclair d'un autre monde. Parlez de moi tendrement à Camille Jordan. Je vous recommande Auguste. Ah ! chère Juliette, que de sentiments douloureux il faut réprimer pour agir ! "

 


Partager

Permalien sur ce document

Permalien sur cette page

Vignette exportable
Envoyer par courriel

Blogs et réseaux sociaux

Ajouter à mes documents

null null null
Fermer