Close
Please type your search term
Close
Home Consultation

Full record

Fermer

Title : Mémoires d'Outre-tombe ([Numérisé en mode texte]) / Chateaubriand

Author : Chateaubriand, François-René de (1768-1848)

Publisher : Acamédia (Paris)

Date of publication : 1997

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : text/html

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k1013503

Source : Acamédia

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb37304286x

Provenance : bnf.fr

Close
Display
Affichage
First page Previous page
Pagination
Next page Last page (Screen 186 / 617)
Download / Print
Fermer la popin

Download

You can obtain several pages of this document as an electronic file. You may choose one of the following formats : PDF, single page JPEG or plain text.

Choose format :
PDF
JPEG (Only the current page)


Choose to download:
full document
a portion of this document


Pour une réutilisation non commerciale du contenu
En cochant cette case, je reconnais avoir pris connaissance des conditions dutilisation non commerciale et je les accepte.


Pour une réutilisation Commerciale
consultez nos conditions de reutilisation commerciale

Close
Contribute

Report an anomaly

Want to report an anomaly on the following document :

Title : Mémoires d'Outre-tombe ([Numérisé en mode texte]) / Chateaubriand

Author : Chateaubriand, François-René de (1768-1848)

Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1013503/f186


Please describe the observed anomaly as exactly as possible,with the following proposals and/or the comment box.


Nature of the problem :

Wrong bibliographic data

Inconsistency between bibligraphic data and document posted

Blurred and truncated images

Incomplete Document or missing pages :

Incorrect or incomplete table of contents

Download problem

Unavailable Document

zoom

OCR/text

audio mode

Full Screen

other (please specify in comments)

Other (please specify in comments)


Comments :



Please leave us your email so we can respond :


Please copy the characters you see in the picture

The text doesn't conform to the displayed image

Close
Commander
Fermer la popin

Commander

Pour obtenir un tirage de ce document ou le fichier numérique en haute définition auprès du departement de la Reproduction de la BnF : Cliquer ici

Close
Help

Send by e-mail

Fermer
A mail has been sent A problem occured, the e-mail delivery failed. Please try again.
Close

Search module

Click here to toogle the search panel

Search results

Search this document

2 L17 Chapitre 5


Course à la Grande-Chartreuse.

Nous nous arrachâmes aux délices de Capoue pour aller voir la Chartreuse, toujours avec M. Ballanche. Nous louâmes une calèche dont les roues disjointes faisaient un bruit lamentable. Arrivés à Voreppe, nous nous arrêtâmes dans une auberge au haut de la ville. Le lendemain, à la pointe du jour, nous montâmes à cheval et nous partîmes, précédés d'un guide. Au village de Saint-Laurent, au bas de la Grande-Chartreuse, nous franchîmes la porte de la vallée, et nous suivîmes, entre deux flancs de rochers, le chemin montant au monastère. Je vous ai parlé, à propos de Combourg, de ce que j'éprouvai dans ce lieu. Les bâtiments abandonnés se lézardaient sous la surveillance d'une espèce de fermier des ruines. Un frère lai était demeuré là, pour prendre soin d'un solitaire infirme qui venait de mourir : la religion avait imposé à l'amitié la fidélité et l'obéissance. Nous vîmes la fosse étroite fraîchement recouverte : Napoléon, dans ce moment, en allait creuser une immense à Austerlitz. On nous montra l'enceinte du couvent, les cellules, accompagnées chacune d'un jardin et d'un atelier ; on y remarquait des établis de menuisier et des rouets de tourneur : la main avait laissé tomber le ciseau. Une galerie offrait les portraits des supérieurs de la Chartreuse. Le palais ducal à Venise garde la suite des ritratti des doges ; lieux et souvenirs divers ! Plus haut, à quelque distance, on nous conduisit à la chapelle du reclus immortel de Le Sueur.

Après avoir dîné dans une vaste cuisine, nous repartîmes et nous rencontrâmes, porté en palanquin comme un rajah, M. Chaptal, jadis apothicaire, puis sénateur, ensuite possesseur de Chanteloup et inventeur du sucré de betterave, l'avide héritier des beaux roseaux indiens de la Sicile, perfectionnés par le soleil d'Otahiti. En descendant des forêts, j'étais occupé des anciens cénobites ; pendant des siècles, ils portèrent, avec un peu de terre dans le pan de leur robe, des plants de sapins, devenus des arbres sur les rochers. Heureux, ô vous qui traversâtes le monde sans bruit, et ne tournâtes pas même la tête en passant !

Nous n'eûmes pas plus tôt atteint la porte de la vallée qu'un orage éclate ; un déluge se précipite, et des torrents troublés détalent en rugissant de toutes les ravines. Madame de Chateaubriand, devenue intrépide à force de peur, galopait à travers les cailloux, les flots et les éclairs. Elle avait jeté son parapluie pour mieux entendre le tonnerre ; le guide lui criait : " Recommandez votre âme à Dieu ! Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ! " Nous arrivâmes à Voreppe au son du tocsin ; les restes de l'orage déchiré étaient devant nous. On apercevait au loin dans la campagne l'incendie d'un village, et la lune arrondissant la partie supérieure de son disque au-dessus des nuages, comme le front pâle et chauve de saint Bruno, fondateur de l'ordre du silence. M. Ballanche, tout dégouttant de pluie, disait avec sa placidité inaltérable : " Je suis comme un poisson dans l'eau. " Je viens, en cette année 1838, de revoir Voreppe ; l'orage n'y était plus ; mais il m'en reste deux témoins, madame de Chateaubriand et M. Ballanche. Je le fais observer, car j'ai eu trop souvent, dans ces Mémoires , à remarquer les absents.

De retour à Lyon, nous y laissâmes notre compagnon et nous allâmes à Villeneuve. Je vous ai raconté ce que c'était que cette petite ville, mes promenades et mes regrets au bord de l'Yonne avec M. Joubert. Là, vivaient trois vieilles filles, mesdemoiselles Piat ; elles rappelaient les trois amies de ma grand-mère à Plancouët, à la différence près des positions sociales. Les vierges de Villeneuve moururent successivement, et je me souvenais d'elles à la vue d'un perron herbu, montant en dehors de leur maison déshabitée. Que disaient-elles en leur temps, ces demoiselles villageoises ? Elles parlaient d'un chien, et d'un manchon que leur père leur avait acheté jadis à la foire de Sens. Cela me charmait autant que le concile de cette même ville, où saint Bernard fit condamner Abailard mon compatriote. Les vierges au manchon étaient peut-être des Héloïse ; elles aimèrent peut-être, et leurs lettres retrouvées un jour enchanteront l'avenir. Qui sait ? Elles écrivaient peut-être à leur seigneur, aussi leur père, aussi leur frère, aussi leur époux : domino suo, imo patri, etc., qu'elles se sentaient honorées du nom d'amie, du nom de maîtresse ou de courtisane, concubinae vé scorti . " Au milieu de son sçavoir dit un docteur grave, je trouve Abailard avoir fait un trait de folie admirable, quand il suborna d'amour Héloïse, son escolière. "

 


Share

Permalink on this document

Permalink on this page

Embeddable thumbnail
Send by e-mail

Blogs and social networks

Add to your collection

null null null
Close