Fermer
Aucun mot recherché, veuillez saisir un terme.
Fermer
Accueil Consultation

Notice complète

Fermer

Titre : Mémoires d'Outre-tombe ([Numérisé en mode texte]) / Chateaubriand

Auteur : Chateaubriand, François-René de (1768-1848)

Éditeur : Acamédia (Paris)

Date d'édition : 1997

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : text/html

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k1013503

Source : Acamédia

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb37304286x

Provenance : bnf.fr

Fermer
Affichage
Affichage
Première page Page précédente
Pagination
Page suivante Dernière page (Vue 106 / 617)
Télécharger / Imprimer
Fermer la popin

Téléchargement

Vous avez la possibilité de récupérer un fichier informatique contenant plusieurs pages de l'ouvrage. Ce fichier peut être au format Acrobat PDF, JPEG monopage ou texte non structuré txt. Vous pouvez ainsi consulter le document sous ces différents formats et les imprimer.

Choisissez le format du fichier:
PDF
JPEG (Seulement page à page sur la page en cours)


Choisissez de télécharger :
le document entier
une sélection du document


Pour une réutilisation non commerciale du contenu
En cochant cette case, je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utilisation non commerciale et je les accepte.


Pour une réutilisation Commerciale
consultez nos conditions de reutilisation commerciale

Fermer
Contribuer

Signaler une anomalie

Vous souhaitez signaler une anomalie sur le document suivant :

Titre : Mémoires d'Outre-tombe ([Numérisé en mode texte]) / Chateaubriand

Auteur : Chateaubriand, François-René de (1768-1848)

URL de la page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1013503/f106


Merci de décrire l'anomalie rencontrée le plus précisément possible, grâce aux propositions ci-dessous et/ou à la zone de commentaires.


Nature du problème :

Données bibliographiques erronées

Incohérence entre les données bibliographiques et le document affiché

Image(s) floue(s) ou tronquée(s)

Document incomplet ou page(s) manquante(s) :

Table des matières incohérente ou incomplète

Problème de téléchargement

Document inaccessible

zoom

OCR/texte

mode écoute

mode plein écran

autres (à préciser dans le champ commentaires)

Autres (à préciser dans le champ commentaires)


Commentaires :



Laissez nous votre courriel afin que nous puissions vous répondre:


Veuillez recopier les caractères que vous voyez dans l'image.

La saisie n'est pas conforme à l'image affichée

Fermer
Commander
Fermer la popin

Commander

Pour obtenir un tirage de ce document ou le fichier numérique en haute définition auprès du departement de la Reproduction de la BnF : Cliquer ici

Fermer
Aide

Envoyer par courriel

Fermer
Un courriel a été envoyé au destinataire Suite à un problème technique, le courriel n'a pas pu être envoyé. Veuillez réessayer, s'il vous plaît.
Fermer

Module de recherche

Cliquez ici pour replier le module de recherche vers la gauche ou pour l'ouvrir

Résultats de la recherche

Rechercher dans ce document

1 L 9 Chapitre 10


Londres, d'avril à septembre 1822.

Vie de soldat. - Dernière représentation de l'ancienne France militaire.

L'ordre arriva de marcher sur Thionville. Nous faisions cinq à six lieues par jour. Le temps était affreux ; nous cheminions au milieu de la pluie et de la fange, en chantant : O Richard ! ô mon roi ! Pauvre Jacques ! Arrivés à l'endroit du campement,.n'ayant ni fourgons, ni vivres, nous allions avec des ânes, qui suivaient la colonne comme une caravane arabe, chercher de quoi manger dans les fermes et les villages. Nous payions très scrupuleusement ; je subis néanmoins une faction correctionnelle, pour avoir pris, sans y penser, deux poires dans le jardin d'un château. " Un grand clocher, une grande rivière et un grand seigneur dit le proverbe, sont de mauvais voisins. "

Nous plantions au hasard nos tentes, dont nous étions sans cesse obligés de battre la toile afin d'en élargir les fils et d'empêcher l'eau de la traverser. Nous étions dix soldats par tente, chacun à son tour était chargé du soin de la cuisine : celui-ci allait à la viande, celui-ci au pain, celui-ci au bois, celui-ci à la paille. Je faisais la soupe à merveille ; j'en recevais de grands compliments, surtout quand je mêlais à la ratatouille du lait et des choux, à la mode de Bretagne. J'avais appris chez les Iroquois à braver la. fumée, de sorte que je me comportais bien autour de mon feu de branches vertes et mouillées. Cette vie de soldat est très amusante ; je me croyais encore parmi les Indiens. En mangeant notre gamelle sous la tente, mes camarades me demandaient des histoires de mes voyages ; ils me les payaient en beaux contes ; nous mentions tous comme un caporal au cabaret avec un conscrit qui paye l'écot.

Une chose me fatiguait, c'était de laver mon linge ; il le fallait, et souvent : car les obligeants voleurs ne m'avaient laissé qu'une chemise empruntée à mon cousin Armand, et celle que je portais sur moi. Lorsque je savonnais mes chausses, mes mouchoirs et ma chemise au bord d'un ruisseau, la tête en bas et les reins en l'air, il me prenait des étourdissements ; le mouvement des bras me causait une douleur insupportable à la poitrine. J'étais obligé de m'asseoir parmi les prêles et les cressons, et au milieu du mouvement de la guerre, je m'amusais à voir couler l'eau paisible. Lope de Vega fait laver le bandeau de l'Amour par une bergère ; cette bergère m'eût été bien utile pour un petit turban de toile de bouleau que j'avais reçu de mes Floridiennes.

Une armée est ordinairement composée de soldats à peu près du même âge, de la même :taille, de la même force. Bien différente était la nôtre, assemblage confus d'hommes faits, de vieillards, d'enfants descendus de leurs colombiers, jargonnant normand, breton, picard, auvergnat, gascon, provençal, languedocien. Un père servait avec ses fils, un beau-père avec son gendre, un oncle avec ses neveux, un frère avec un frère, un cousin avec un cousin. Cet arrière-ban, tout ridicule qu'il paraissait avait quelque chose d'honorable et de touchant parce qu'il était animé de convictions sincères ; il offrait le spectacle de la vieille monarchie et donnait une dernière représentation d'un monde qui passait. J'ai vu de vieux gentilshommes, à mine sévère, à poil gris, habit déchiré, sac sur le dos, fusil en bandoulière, se traînant avec un bâton et soutenus sous le bras par un de leurs fils ; j'ai vu M. de Boishue, le père de mon camarade massacré aux Etats de Rennes auprès de moi, marcher seul et triste, pieds nus dans la boue, portant ses souliers à la pointe de sa baïonnette, de peur de les user ; j'ai vu de jeunes blessés couchés sous un arbre, et un aumônier en redingote et en étole, à genoux à leur chevet, les envoyant à Saint Louis dont ils s'étaient efforcés de défendre les héritiers. Toute cette troupe pauvre, ne recevant pas un sou des Princes, faisait la guerre à ses dépens tandis que les décrets achevaient de la dépouiller et jetaient nos femmes et nos mères dans les cachots.

Les vieillards d'autrefois étaient moins malheureux et moins isolés que ceux d'aujourd'hui : si, en demeurant sur la terre, ils avaient perdu leurs amis, peu de chose du reste avait changé autour d'eux ; étrangers à la jeunesse, ils ne l'étaient pas à la société. Maintenant, un traînard dans ce monde a non seulement vu mourir les hommes, mais vu mourir les idées : principes, moeurs, goûts, plaisirs, peines, sentiments, rien ne ressemble à ce qu'il a connu. Il est d'une race différente de l'espèce humaine au milieu de laquelle il achève ses jours.

Et pourtant, France du dix-neuvième siècle, apprenez à estimer cette vieille France qui vous valait. Vous deviendrez vieille à votre tour et l'on vous accusera, comme on nous accusait, de tenir à des idées surannées. Ce sont vos pères que vous avez vaincus ; ne les reniez pas, vous êtes sortis de leur sang. S'ils n'eussent été généreusement fidèles aux antiques moeurs, vous n'auriez pas puisé dans cette fidélité native l'énergie qui a fait votre gloire dans les moeurs nouvelles ; ce n'est, entre les deux Frances, qu'une transformation de vertu.

 


Partager

Permalien sur ce document

Permalien sur cette page

Vignette exportable
Envoyer par courriel

Blogs et réseaux sociaux

Ajouter à mes documents

null null null
Fermer